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Jungle Joke - Parc Fiabilandia, Rimini - Italie
Silke Pan descendant le Rhône jusqu'à Genève en handibike – Canal9 13.09.2013 La leçon de vie de Silke PanLa leçon de vie de Silke Pan – L'Illustré 04.06.2013

Témoignage

Depuis ma plus jeune enfance, j'ai toujours été attiré par tout ce qui touchait au sport acrobatique, à la danse et à la beauté de l'expression corporelle. Ma mère était professeur de sport donc j’ai facilement pu approcher ce milieu et ça a été rapidement ma passion voire ma raison de vivre. J’ai d’abord commencé par la gymnastique, puis est venu le plongeon. À 14 ans, j’ai décidé d’en faire mon métier tant cela me passionnait. J’en ai parlé à mon professeur de plongeon qui m’a alors dit : « Mais tu sais qu’il existe des école de cirque pour ça ? » Et cette phrase a marqué le début de ma vocation. J’ai décidé de finir ma scolarité normale pour la forme et pour asseoir une base solide, mais au fond de moi ma décision était prise : J’irai à l’école de cirque !

Bien sûr mes parents n’étaient pas forcément très enchantés, conscients que ce n’était certainement pas le métier le plus facile ni le plus rémunérateur. Mais je leur et tenu tête et pour se laisser convaincre définitivement, ils n’avaient qu’à lire dans mes yeux : le plaisir que me donnait l’art acrobatique valait bien plus que tous les trésors du monde !

J’ai donc continué ma scolarité normale jusqu’au baccalauréat. Et après le plongeon, je me suis adonnée au rock acrobatique et au trampoline. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai rencontré mon compagnon, Didier. Alors que j’étais inscrite à l’école de cirque de Berlin, Didier a eu vent de mon nom et a cherché à me contacter. Il faisait aussi du rock acrobatique et avait besoin d’une partenaire. On lui a parlé de moi en des termes si élogieux que lors d’un passage en Suisse pour retrouver la famille, nous nous sommes rencontrés. Et c’est parti comme ça.

En Suisse il existe certes des écoles de cirque mais c’est plutôt niveau d’amateur voire amateur éclairé. Pour trouver le niveau professionnel en acrobatie comme je le voulais moi, c’était Berlin le plus proche. Ma vie d’artiste itinérant a commencé à cette époque déjà et j’ai dû vite m’y faire, pendue à un balancier en mouvement perpétuel.

Avec Didier, on s’est quitté assez rapidement pour se perfectionner chacun en solo, se rencontrant juste de ci de là lors de quelques spectacles. Mais c’est seulement des années plus tard, en 2002, que je me suis sentie prête. Et lorsque je lui ai proposé de travailler en duo, il a accepté.

L’accident a eu lieu en Italie, à Rimini, en 2007. À cette époque, on venait de finir un contrat avec le parc Fiabilandia. Il y avait entre autres un numéro aérien que l’on présentait quotidiennement depuis six mois, Didier sanglé au décor et moi comme voltigeuse. Etant donné que nous allions repartir sur notre prochain engagement, le parc italien d’attractions Gardaland, une semaine plus tard, nous sommes restés sur place pour profiter des installations et s’entraîner. Et c’est là que l’accident a eu lieu.

Le détail des évènements, je ne m’en souviens plus, j’ai eu une commotion cérébrale et j’ai perdu tout souvenir de l’accident. Je ne sais que ce qu’on a bien voulu m’en raconter. Mais Didier a été traumatisé aussi. Il n’aime pas parler de cela. Il préfère noyer ce jour dans sa mémoire et essaie de l’oublier par tous les moyens.

Sur le coup, j’ai tout de suite été opérée en Italie. Mais mon père, résidant en Suisse, a demandé à ce que je sois transférée au SPZ Nottwil. En fait, à mon insu, il m’avait inscrite comme donatrice à la Fondation Suisse des Paraplégiques et l’argent qu’on a reçu de leur part nous a aidé au rapatriement et à survivre depuis. Je dis rapatriée mais en fait, je suis allemande résidante en Suisse avec un permis C. Mais même si cela n’a jamais dérangé ma vie et que la vie d’artiste de cirque m’a habituée à être partout à la fois, j’ai ma famille à Lausanne et en Suisse. Je m’y sens chez moi.

L’A.I. n’a jamais pris mon cas en considération. Je ne reçois encore aujourd’hui aucune aide de leur part. Parce que je n’étais pas inscrite dans leur dossier au moment de l’accident, que je ne cotisais encore rien à l’époque, on me dit que je n’ai droit à aucune prestation. Mais comment aurait-il pu en être autrement? Notre duo était basé en Suisse, à Prilly, mais Didier et moi vivions la vie d’artistes ambulants dans notre caravane, passant d’un contrat à l’autre et toujours en préparation du prochain spectacle.

Jusqu’à encore récemment, même notre assurance la Zürich ne voulait rien nous payer. Nous avons dû faire appel à un avocat spécialisé qui nous à été recommandé par l’hôpital de Nottwil, Maître Michael Weissberg pour enfin avoir la couverture qui me revenait de droit. Il faut espérer maintenant qu’on pourra retoucher un peu de tout cet argent qu’on a dû investir au jour le jour pour survivre à mon handicap.

C’est à Nottwil que j’ai repris conscience. À l’époque je n’avais aucune conscience du handicap physique. Nous sommes trois sœurs et l’aînée souffre d’une déficience mentale mais je ne connaissais aucun handicapé physique dans mon entourage et bien que mes activités acrobatiques étaient souvent risquées, personne ne m’en avait parlé. En fait, dans ce milieu comme dans d’autre, on est très superstitieux. Ce genre de malheur, on préfère ne pas en parler comme pour conjurer le sort.

Alors, quand j’ai repris connaissance, je me souviens, mon premier réflexe a été de me lever et de bouger pour voir ailleurs. Évidemment on m’a vite calmée et maintenue couchée de force. C’est là que j’ai appris que j’avais perdu l’usage de mes jambes. Et là mon monde se craquelé. « Mince ! Tout ce travail que j’ai fait de toute ma vie c’est foutu ! Alors qu’est-ce que je vais bien faire maintenant ? », me suis-je dit. Je venais de recevoir un coup mais je n’étais pas K.O. Le désespoir et le doute sont véritablement venus plus tard, un à deux ans après lorsque j’ai dû faire face à la réalité de tous les jours.

À Nottwil, je me suis sentie bien accueillie. Le traitement médical était très convenable, les médecins et infirmières toujours souriants. Dans un moment de vie difficile comme celui là, ces visages souriants m'ont fait beaucoup de bien. Cela m'a donné la sensation d'être encore une personne digne de considération malgré le fait que j'avais tout perdu.

En effet, cet accident m'a pris tout ce que j'étais, mon identité, le fruit de longues années d'efforts, ma situation sociale et professionnelle, ma manière de vivre et mon corps qui était l'instrument de mon art. Bien sûr qu'il me reste une partie de mon corps, mais il est si radicalement changé que même deux ans et demi après l'accident, ce nouveau corps m'est encore étranger...

J'ai ressenti qu'à Nottwil toute l'équipe se donne beaucoup de peine pour nous aider à nous intégrer dans la vie active et à nous redonner une valeur. Dans l'hôpital tout est facile d'accès, large, bien plat et accessible. Les gens ne nous regardent pas de travers. Au contraire, la majorité des personnes à Nottwil sont en fauteuil roulant et on se sent à égalité, comme faisant partie d'une même famille...

La grosse baffe je l’ai reçue en sortant de l'hôpital. J'ai dû me promener en ville en tant que handicapée, supporter le regard des gens, montrer ma vulnérabilité et demander de l'aide plusieurs fois par jour pour toutes ces choses que je ne pouvais plus faire.

J'avais perdu ma passion et l'art qui me permettait de m'épanouir. Mon corps que je connaissais parfaitement et qui me permettait de m'envoler, tellement je le maitrisais, était devenu pesant, comme une douloureuse prison.

Néanmoins, je positive. Dans les lieux que je ne connais pas, je fais des longues distances pour trouver des accès ou des trottoirs abaissés. Parfois, faute de solution, je suis obligée de longer la chaussée, côte à côte avec les automobiles et c’est dangereux, j’en suis consciente. Mais j’ai la chance d’avoir Didier. Partout où je ne peux accéder par mes propres moyens, Didier me prends dans ses bras et il me porte.

Nous habitons provisoirement chez sa maman. Il travaille à 50% chez Ballon Müller et je compte sur lui à chaque fois que j’ai besoin de quelque chose qui se trouve dans une armoire puisque je ne peux plus y accéder, c’est trop haut. De même, pour prendre ma douche qui est au second étage, je dois attendre qu’il rentre de son travail pour me monter avec lui les marches.

Tout l’argent reçu de la Fondation a été consommé avec le temps. On a vendu tout notre matériel de l’époque à quelques exceptions près comme les costumes, on a vendu notre caravane inadaptée pour s’en racheter une autre à tiroir qu’on a pu rendre plus accessible par nos propres moyens. Même notre voiture, une petite Honda Jazz n’est pas adaptée pour moi. Nous n’avons pas de quoi payer l’adaptation. Alors on se débrouille. Je m’écorche les mains dix fois par jours dans des couloirs bien trop étroits pour moi mais je me dis que j’ai encore de la chance. La Suisse est un pays civilisé et la plupart des routes sont goudronnées, les trottoirs sont assez souvent abaissés… c’est sûr, des fois il faut rouler quelques centaines de mètres en plus, mais ce n'est pas la fin du monde. Ayant beaucoup voyagé de par mon précédent métier d'artiste de cirque, j'ai vu des pays et lieux bien plus misérables. Je me dis que ma condition n’est après tout pas si grave. Je suis beaucoup plus révoltée par la misère, la cruauté et la souffrance que je vois dans d'autre pays que de ma propre situation. Je vis actuellement dans un Portakabin, ce  qui semble inconcevable pour notre société. C'est en effet assez étroit. Mais même si mon lieu d'habitation n'est pas parfaitement adapté, j'ai au moins un chez moi où j'ai la liberté de faire ce qui me plait, où je peux chauffer en hiver et qui est étanche à la pluie et autres intempéries. Il y en a d’autres de part le monde qui ne peuvent pas en dire autant. En tant qu’ex-artiste de cirque, je connais les situations de vie rudes et de vivre dans un lieu étroit comme une caravane m'est familier. Alors pourquoi me plaindre? Si un jour nous sommes véritablement sédentarisés et que nous trouvons une habitation plus spacieuse, cela ne me déplairait pas, c’est sûr. Mais franchement, il y a pire que mes conditions actuelles.

Didier n’a jamais voulu repartir en duo avec quelqu’un d’autre. Et on a arrêté tous nos numéros d’avant. La vie a marqué un tournant et on l’a accepté tel quel, en repartant à zéro ou presque...

Il faisait déjà en solo des animations avec les ballons à l’époque où nous étions encore chacun séparés. Et en tant qu’indépendant du spectacle, il pensait bien reprendre ce travail à notre retraite. La retraite est venue juste plus vite que prévue.

Aujourd’hui, nous faisons des décorations, animations et spectacles avec des ballons pour les grandes entreprises, les centres commerciaux, les mariages, les anniversaires et toute sorte de fêtes pour petits ou grands.

Parallèlement, nous préparons d'autres choses, comme par exemple un numéro de transmission de pensées. Je prévois également, dans le futur, d’accentuer l’aspect musical dans nos prestations. Mais tout cela est encore en préparation. Je suis toujours très attirée par les arts d'expression corporelle comme la danse et l'acrobatie. Mais j'évite de les regarder, car cela me fait trop souffrir. Par contre, j'ai toujours aimé la musique et ça la vie ne me l'a pas enlevé alors je fais aussi partie d'un chœur de Yodle et j'aime beaucoup ça.
Articles de presse :

Mise à Jour du 25 août 2010

Didier ne travaille plus à 50% chez Ballon Müller. Nous sommes maintenant à 100% indépendants et balançons entre décors, animations et spectacle.

Nous avons également une nouvelle animation: une voiturette électrique que nous avons transformée en voiturette d'animation avec divers gadgets comme des bulles de savon, gicleurs d'eau, lumières et autres. J'ai préparé une animation tyrolienne, un genre de  "caricature folklorique" où je chante des morceaux de yodel et Didier anime avec quelques performances d'équilibre.

Concernant les ballons, du 18 au 30 octobre nous créons un immense décor sur le thème Jungle Mystérieuse, au Littoral Centre à Allaman.... Consultez l'invitation au Jungle Mystérieuse du mardi 19.10.2010 à 15h00.
Image de quelques constructions tout en ballons

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